Charlie Kirk
Brève histoire sur l'assassinat de Charlie Kirk
Le meurtre de Charlie Kirk nous a percuté. Il a rejoint la liste de ces nouvelles dramatiques qui viennent découper nos vies en deux : un avant. Et un après, sans.
Le choc de la vidéo d’abord. Une petite fille qui toque à la porte de notre écran, un coup.
Non, pas ses grandes sœurs politiques, vieilles filles, que sont les calomnies, les insultes et les agressions. Non, elles font bien plus de bruit celles-là, on prévoie leur arrivée à leurs jérémiades et à leurs pas rapides et colériques. Favorites des plateaux télés et des journalistes, leurs relations médiatiques sont parfois intenses, mais toujours brèves.
Non, leur petite sœur, elle, est celle qu’on ignore, réservée, patiente, dont le pas méthodique heurte doucement les pavés. Les journalistes l’ignorent, et s’ils la croisent au milieu d’une rue déserte, leurs yeux se réfugient bien vite dans les immeubles alentours, leur conscience leur rappelant opportunément des sujets frivoles sur lesquels s’attarder.
Cette petite ressemble à la lune. Elle avance doucement, sans provoquer d’insolations, sans rougir la peau, sans réveiller le coq, comme ses grandes sœurs qui illuminent quotidiennement les empires médiatiques. Et pourtant c’est elle qui provoque les plus grandes marées.
Parfois en soirée certains journalistes fourbus, conformistes ou intéressés l’approchent, et sans croiser son regard, l’hydratent. Ils l’abreuvent de leurs chroniques, de certains mots en particulier qui s’écoulent directement dans son âme, la faisant frissonner.
Elle semble en retour leur donner la satisfaction secrète de jouer avec un interdit, tout en faisant preuve d’une publique empathie. Elle peut alors reprendre son chemin, revigorée, et suivre ses grandes sœurs, à distance.
Et quand elle frappe à une porte, c’est souvent d’un seul coup. Mais ce coup traverse tout.
Parfois, elle se montre au petit matin, à l’improviste, par temps clair, comme au début de cette semaine de septembre.
Le mercredi 10, sans prévenir, vers 12h20, son chemin croise les rayons du soleil. La nuit soudain, un claquement.
Cette petite fille, c’est la haine politique.

